Un été misérable…

Depuis le 20 juillet, je dors dans une petite chambre chez Bourras qui me coûte 15 francs par mois. Ce n’est pas avec mes petites économies que j’arrive à survivre: je ne pouvais plus payer la pension de Pépé alors je l’ai pris avec moi. Qu’il est difficile de trouver de l’argent pour se nourrir!  Jean vient encore me voir, il s’en veut tellement d’avoir besoin d’argent que je lui en donne un peu. J’ai retrouvé la vendeuse de noeuds de cravate mais cela n’a malheureusement pas duré longtemps. Je passe mes journées, désespérée, à chercher un petit boulot pour l’été…en vain. Que faire?

Des hommes décorés me suivent mais je ne peux me résoudre à prendre un amant; la nuit, lorsque des hommes tapent à ma porte, je suis les conseils de Bourras  et les ignorent. Je regrette tant ma chambre au Bonheur..

Le Bonheur? Il hante ma vie! Une simple cloison me sépare de mon rayon; je continue de vivre au rythme du magasin. Tous les jours, je vois passer Hutin, devenu second. Je vois passer aussi Mouret. J’ai croisé Pauline et Henri mais cela me gêne. Même Colomban me rappelle le Bonheur des dames en venant me parler de Clara (Pauvre homme et pauvre Geneviève)…

Les choses s’empirent toujours plus. Pépé est tombé malade. J’ai envie de crier au secours et ne peux retenir mes larmes. J’ai peur de demain.