Colère de M. Mouret

Aujourd’hui, j’ai retrouvé Henri dans les escaliers comme souvent et nous nous sommes adossés à la fenêtre pour discuter. Ah, on discutait de notre pays et de son herbe verte! On fermait les yeux et on s’y revoyait! On en parlait car justement Henri rentre chez lui aujourd’hui!  J’étais tout de même inquiète (c’est interdit mais de plus M. Mouret est aux aguets, toujours grognon et Bourdoncle me guette, m’observe comme une lionne guettant sa proie!) et j’ai eu raison. On a été surpris alors qu’Henri pleurait devant moi et me baisait la main.

J’ai été convoquée dans le bureau de M. Mouet où sa colère a explosé: il est jaloux de Hutin et de Henri! Il a menacé de chasser Henri, il parlait très froidement mais je suis restée forte, résistant à l’envie de pleurer. Le regard de Madame Hédouin veillait sur moi! Et là, M. Mouret a craqué me déclarant son amour, jurant ne plus voir les autres filles…L’entretien s’est finalement mieux terminé, j’ai réussi à retrouver ma gaité naturelle et lui est dit que l’avis d’une femme est toujours utile à  écouter et que je ferai de lui un brave homme!

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Altercation

Le lendemain des grands travaux sur la façade du grand magasin, je travaillais au rayon, lorsque les propos haineux de cette folle de Clara m’ont interpellé. En effet, plus d’une fois j’avais entendu cette sotte me critiquer, mais mon manque d’intérêt  à son égard m’en avait laissé indifférente. Seulement cette fois-ci elle avait décidée de s’en prendre à ma cousine Geneviève, car les regards de Colomban ne lui avaient pas échappé, et elle racontait à Marguerite le projet qu’elle avait ‘d’enlever ce dernier de sa boutique noire.’
Il me fallu faire un grand effort pour ne pas lui hurler dessus. Quelle peste!

Histoires de vols

Depuis quelques temps, le grand magasin est victime de diverses vols commis par les clients. Mais cette après-midi, alors que je servais une cliente, un scandale a éclaté au rez de chaussée. Mignot a été  accusé d’aider des femmes aux allures étranges à voler des gants, un acte qui a fait  entrer monsieur Mouret (on le devine) dans un état d’hystérie indescriptible. Le gantier a été renvoyé  ainsi qu’Albert Lhomme me répéta t-on. Il aurait aidé ses maîtresses…Mme Aurélie et Monsieur Lhomme étaient tous très confus!

Après-midi chez madame Desforges

Cette après-midi, madame Desforges m’a fait venir chez elle pour, disait elle, faire des retouches sur un manteau de voyages acheté quelques jours auparavant ‘Au bonheur des Dames’. Je peux donc aujourd’hui affirmer que les mots hospitalité, politesse et délicatesse sont inconnus de son vocabulaire. En effet, elle m’a fait patienter durant plus d’une heure dans l’antichambre. (Là où j’ai appris beaucoup de choses au sujet des clients qui fréquentent le magasin, tel que monsieur Marty qui, disait on, occupé un poste qu’il n’était plus très sûr de garder..)
Mais j’ignorais que le pire restait à venir. Une fois entrée, Mme Desforges me plaça au milieu de sa chambre, où elle me traita comme une moins que rien. Ces propos étaient d’autant plus rabaissants une fois Monsieur Mouret entré dans la pièce. (Il était avant dans le petit salon annexe avec le baron Hartmann) J’ai fait tout mon possible pour ne pas pleurer, pour ne rien dire, mais j’ai fini par exploser pensant mon patron complice de cette femme infecte.

Deux larmes se sont échappées; il les as vues et est venu vers moi. Il a pris mes mains et m’a glissé ses mots: « Partez-vite mon enfant, oubliez cette maison ». Il m’a raccompagnée dehors.