Pauvre Bourras! Pauvre oncle!

Hier matin, j’ai appris une nouvelle triste: Octave Mouret met Bourras dehors et oblige mon oncle à fermer boutique. Je n’oublierai jamais ce cher Bourras, debout, sur le trottoir, expulsé de sa propre maison. Il assistait impuissant au désossement  de sa boutique, de sa maison, de sa vie. Devant la police, il est parti mais ce matin, il était là, à nouveau. Sa vie est ici; on vient de tout détruire, de l’assassiner. Les murs que l’on fait tomber, c’est lui. Je suis allée le voir, je l’ai supplié lui disant que j’allais subvenir à ces besoins mais il est parti. Je me souviendrai ses derniers mots: « c’est fini, bonsoir. Vivez donc heureuse, vous qui êtes jeune, et n’empêchez pas les vieux de partir avec leurs idées ». Je le considérais comme quelqu’un de ma famille. Je l’ai suivi, il a tourné à l’angle de la place Gaillon. Il est parti. Je ne savais plus que faire; un repère disparassait.

Je suis alors allée chez mon oncle qui était seul…Il m’a dit aller bien mais tout disait le contraire. Je lui ai offert une place d’inspecteur chez nous. Quelle sotte! Je ne me suis même pas rendue compte de la bêtise que je disais. Nous avons pleuré tous les deux et je suis partie, le coeur lourd, me coucher…Je doute d’y arriver.

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