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Je suis vendeuse au Bonheur des dames!!!

J’ai fini par trouver Madame Aurélie et j’ai décroché un poste de vendeuse « Au Bonheur des dames »! Je suis très contente…mais cela n’a pas été si facile que cela.

Les autres vendeuses ne sont pas très tendres; elles m’ont dévisagée de la tête aux pieds en attendant le retour de Madame Aurélie. J’ai dû attendre sans sourciller. Puis Madame Aurélie est arrivée: une femme sèche et aigrie qui s’est à peine occupée de moi. Elle m’a demandé mon âge puis s’est plongée dans un registre. Je ne savais que faire.

Alors est arrivé le jeune homme de toute à l’heure: c’était la troisième fois de la matinée. Celui-ci s’est mis à parler de moi avec Madame Aurélie et l’homme qui l’accompagnait (Bourdoncle). J’étais terrifiée; à chaque question que l’on me posait, j’avais l’impression d’aggraver mon cas: j’étais trop jeune, je n’ai pas travaillé à Paris, etc.  Par chance, le jeune homme connaissait la maison Cornaille et il a dit que c’était une bonne maison. J’ai repris espoir, montré mon certificat à Madame Aurélie qui s’est radoucie. Lorsque j’ai dit que j’étais la nièce de Baudu, le jeune homme a cru que c’était lui qui m’envoyait. J’ai ri, tellement cela paraissait singulier. S’il savait ce que mon oncle pense du magasin. Et là, il m’a dit quelques mots et j’ai compris que ce jeune homme était Octave Mouret!! Je suis devenue toute blanche. J’imaginais un monstre, un minotaure, pas un jeune homme aux yeux vieil or!

Madame Aurélie m’a congédié en me disant que l’on m’écrirait pour me tenir au courant. Je suis restée immobile puis suis partie. Dehors, j’ai revu le jeune homme de ce matin, il s’appelle Henri Deloche et je suis rentrée.

Enfin aujourd’hui, j’ai reçu une lettre: je suis prise au Bonheur des Dames! Je commence lundi 10 octobre!

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Perdue dans le labyrinthe…

Au bout d’une heure, j’ai enfin pris mon courage à deux mains et suis rentrée dans le magasin. Cependant, j’étais si inquiète et tourmentée que je ne comprenais aucune indication que les commis me donnaient. J’ai erré de rayon en rayon dix bonnes minutes. J’avais à la fois envie de partir en courant et de rester pour admirer les étalages. J’avais l’impression d’être perdue dans un labyrinthe et j’avais peur de tomber sur un minotaure, de ne jamais pouvoir trouver ma route.

Je n’osais pas aller dans le hall des soieries car cela me faisait penser à une église et cela me terrifiait mais j’ai fini par y entrer pour échapper aux commis du blanc qui se riaient. J’avais l’impression qu’ils me poursuivaient de leurs rires, moi pauvre petite perdue. Et là j’ai buté contre un étalage de soies. J’ai rougi d’un coup et je suis restée à admirer ces tissus multicolores et magiques. Au bout d’un moment, j’ai entendu des voix autour de moi et j’ai levé les yeux: en face de moi, le jeune homme de toute à l’heure! Il me regardait, me semble-t-il, avec un air sévère. Je me sentais comme une enfant qui va être grondée. Pour essayer de me tirer d’embarras, j’ai demandé au commis à côté de moi, s’il pouvait me dire où se trouvait Madame Aurélie. Un homme très gentil m’a aidée à sortir du mauvais pas, en me souriant et en m’expliquant où je pourrais la trouver. Cela m’a fait beaucoup de bien, un petit rayon de soleil dans ce labyrinthe effrayant.