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« Passez à la caisse! »

Quelle journée atroce! J’ai cherché partout en vain Robineau pour me tirer d’affaire;  l’inspecteur Jouve m’a demandé de venir le rejoindre chez lui ce soir, en refusant, je l’ai poussé et il est tombé; Jean est venu me demander de l’argent et Jouve nous a surpris tous les deux.

Mais le pire restait à venir: Bouthemont, Bourdoncle, Jouve et Monsieur Mouret sont arrivés à mon rayon et là j’ai entendu cette phrase horrible de Bourdoncle: « Passez à la caisse! »

Personne ne m’aime ici, je ferai mieux de disparaître. A la caisse, je vais aller récupérer mes vingt-deux jours de salaire et quelques ajouts (soit 25,70F). Je n’irai pas dire au revoir à Henri ni Pauline: je serai mieux seule, disparue, morte.

Rumeurs, calomnies et noeuds de cravate.

Les autres vendeuses continuent leurs mesquineries. Elles sont à présent persuadées que Pépé est mon enfant que je cache. Je ne cherche même plus à me défendre, elles ne me croient pas lorsque je dis que Jean n’est pas mon amant, que Pépé n’est pas mon fils mais qu’ils sont mes frères.

Je suis davantage préoccupée par Jean qui ne cesse de me demander de l’argent. Pour réussir à m’en sortir, Robineau m’a procuré des noeuds de cravate que je couds la nuit. J’ai ainsi récupéré, il y a quinze jours trente sous sur lesquels j’ai du déduire quatre sous de bougie. Ce soir, je vais pouvoir retourner sur la vendeuse; je compte bien récupérer dix-huit francs et trente centimes.

Licenciements

L’été arrive à grands pas, c’est la panique dans le grand magasin, les licenciements n’ont jamais été si réguliers. De nombreuses rivalités se font ressentir dans les rayons, chacun craignant pour sa place, moi la première. C’est donc avec une peur constante que je travaille avec acharnement ne pouvant m’enlever de la tête que sans ce travail Pépé se retrouvera sans logis par ma faute…

Deniseb1 et Deniseb2.